Saxo

25.06.14 / Loisirs / Author:

Ariel ZeitounAriel Zeitoun vibre au tempo des musiques. Dans son précédent film, « Souvenirs, souvenirs », il nous plongeait dans un rock’ n roll français très sixties, directement lié au monde de l’adolescence, qui séduisait par son parfum de rêves et de nostalgies autobiographiques. Avec « Saxo », la musique est encore au cœur du film. Cette fois, c’est le blues, mais l’on sent qu’Ariel Zeitoun a mis beaucoup de lui même de sa passion, de sa ténacité et de cette folie enivrante qui le saisit lorsqu’il sent que le rêve peut devenir réalité. Même si le film adapte un roman noir de Gilbert Tanugi, « Saxo » est un film à la première personne. Et cela le rend d’autant plus passionnant, sincère et lyrique, généreux et monomaniaque. Sam (Gérard Lanvin) est » music producer ». Disons qu’il essaye de vivre de sa passion en montant des coups. Sam ne vit que pour le blues et, un soir, dans une rue de banlieue abandonnée aux immigrés, il entend la voix de Puppet et le saxo de Joe. Deux perles noires, rendant magique une boîte sordide ! Telles des apparitions furtives, Puppet et Joe disparaissent, fuient, cachent un lourd secret. Mais Sam a choisi son camp : la musique et les musiciens dont il est tom bé fou d’amour. Il veut les immortaliser sur un disque et les faire connaître au monde. Pour cela, il est prêt à plonger en enfer, pour les ramener ou y rester avec eux ! Filmant avec un fascinant lyrisme, Zeitoun crée des univers nocturnes et un monde marginal à la limite du fantastique. Plus écorché vif et plus impressionnant que jamais, Lanvin imprime le film de sa sincérité. Après « Saxo », on ne peut plus dire que le cinéma français manque de souffle, d’ambition et d’originalité !

La vallée fantôme

La vallée fantômeCette « Vallée fantôme », c’est celle du Rhône suisse, envahie de brumes matinales et arpentée par un cinéaste quinquagénaire au visage embroussaillé qui, s’il est incarné par Jean-Louis Trintignant, ressemble comme deux gouttes d’eau à Alain Tanner lui-même, le chef de file du jeune cinéma helvétique dans les années 70. Aujourd’hui, il est pessimiste, quoique sans amertume. Simplement, il constate : « Bientôt, il n’y aura plus de cinéma ». Et pourtant, il tourne des films. Du moins, il essaie. Il reçoit la visite d’un jeune homme pour qui » faire du cinéma » est encore un rêve. Si convaincant qu’il accepte de le prendre comme assistant et le charge d’une mission digne d’un détective : retrouver en Italie, près de Venise, une jeune actrice repérée par lui quelques années plus tôt. Elle a disparu des écrans. Qu’est-elle devenue ? Jean prend la route… On devine qu’il retrouvera la trace de la brune Dara (très belle et attachante Laura Morante) et qu’une relation se nouera entre eux. Mais l’essentiel, c’est l’amour du cinéma, à travers ses petits côtés les plus ingrats, qui émane du film de Tanner. Une jeune femme qui attend vainement la sonnerie du téléphone, un metteur en scène triant des photos, qui cherche son sujet, qui hésite… On est loin du strass et des sunlights de la légende made in Hollywood ! Mais le cinéma, c’est cela aussi. Avec sincérité et sobriété, Alain Tanner nous le dit.

Comments: 0

Leave a Reply

« | »