Q comme sexe

14.01.15 / Divers / Author:

Davantage que dans la forme, c’est dans le fond qu’intervient la notion de sexe dans le cinéma fantastique. « Dracula » en est sans doute l’exemple le plus probant, la morsure dans le cou des jeunes vierges rappelle le symbole abstrait d’une fellation à l’envers. Mais le genre entier est baigné de sexualité soumise ou assumé, puisque le «fantastique» est par essence assujetti à la perversion du normal, à la folle transgression de la pure réalité. Du coup, les manifestations du désir ou du plaisir s’en trouvent-elles fortement perturbées, voire violentées. Je peux donc affirmer que tous les films fantastiques usent de la sexualité, avec plus ou moins d’évidence.

RomeroR comme Romero

Indiscutablement, une certaine tendance du cinéma d’épouvante doit beaucoup à ce réalisateur américain né en 1939. Tournée en noir et blanc selon la technique du reportage, «La nuit des morts vivants» (1969) demeure encore aujourd’hui un film-culte, et sa force dérangeante n’a rien perdu de son impact. Il est regrettable que par la suite, George A. Romero se soit quelque peu fourvoyé dans les redites («Zombie» (1978), «Le jour des morts vivants» (1985) ou les essais non aboutis comme « Martin» en 1976 ou «Creepshow» en 1983. C’est en 1987 qu’il nous revient au mieux de sa forme avec «Incident de parcours» évoqué plus haut. Espérons que son «union» avec Dario Argento le remettra enfin sur les rails de l’emblématique train infernal.

S comme «Shining»

Shining

Kubrick n’avait jamais abordé le cinéma d’épouvante, lui qui pourtant phagocyte tous les genres. En 1979, il s’attaque à un gros bouquin d’un maître du genre, Stephen King, intitulé «The shining». Le résultat filmique a beaucoup déçu. C’est que le géant a voulu trop en faire. Avec le souverain mépris de celui qui sait, il assène chaque effet, allonge chaque scène jusqu’à l’emphatisme et donne même, fait inhabituel chez lui, dans la redondance (les séquences avec le tricycle). Nicholson, qui n’a rien d’autre à faire, cabotine à tout va, et Shelley Duvall ne réussit à mimer la terreur qu’au bout de vingt-cinq prises. Restent de ce film trop long de brillantes fulgurances, par trop fugaces vu le génie de Kubrick. Un coup pour rien, Monsieur le professeur…

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