H comme « Hellraiser »

07.11.14 / Divers / Author: / Comments: (0)

HellraiserClive Barker est un jeune écrivain anglais spécialisé dans le fantastique. Pour sa première mise en scène, il a choisi d’adapter une de ses nouvelles, «The hellbound heart», dans laquelle un objet diabolique et beau ouvre les portes du plaisir et de la souffrance. Sur ce sujet original, il brode, en vieux briscard, d’infernales arabesques où amour et mort s’entrelacent et s’entrechoquent dans une valse délirante. «Hellraiser» est une œuvre aboutie, parfaitement maîtrisée, tant sur le plan formel que narratif. On attend impatiemment la seconde réalisation de Clive Barker, d’autant que David Cronenberg y interprète le rôle principal.

I comme insémination

La manipulation médicale qui consiste à créer la vie humaine artificiellement, donc à faire des bébés par procuration, sans coït ni plaisir, restera sans doute l’événement majeur des années 80 en matière de génétique. Nous ne sommes pas très loin du docteur Frankenstein et des savants fous’ qui parsèment les méandres sinueux du cinéma et de la littérature fantastique. Seulement aujourd’hui, la fiction devient pure réalité. Reste à savoir de quelle façon évoluera cette «espèce» d’un nouveau genre, conçue de si peu poétique façon. Quoi qu’il en soit, Reiser avait bien raison : on vit une époque formidable!

J comme «Jaws»

JawsOn a tout écrit, tout dit sur ce film-phénomène réalisé en 1974 par Steven Spielberg. La conception du requin qui dura six mois, le tournage harassant et semé d’embrouilles, la vague de terreur qui déferla sur les plages américaines, le succès foudroyant (300 000 spectateurs en une semaine d’exploitation dans la région parisienne, du jamais vu pour l’époque!), bref, on eut droit à la -totale. Mais savez-vous qu’un congrès de psychiatres avait comparé l’affiche du film à un gigantesque vagin denté, fondamentalement castrateur pour le mâle américain? Voilà qui laisse rêveur, n’est-il pas?

F comme F/X (effets spéciaux)

20.10.14 / Divers / Author: / Comments: (0)

FXSurenchère, quand tu nous tiens ! Des «Yeux sans visage», tourné en 1959 par Georges Franju, à «Hellraiser» de Clive Barker (1987), que de chemin parcouru, de tentatives avortées et d’éclatantes réussites ! Un hors série de THV ne suffirait pas à faire le tour complet d’un sujet aussi vaste. Quelques personnes ont, par leurs incessantes recherches, largement contribué à donner ses lettres de noblesse à cet art délicat. Citons Douglas Trumble, l’inventeur du Showscan, qui supervisa les effets spéciaux de «2001, l’odyssée de l’espace» de Kubrick, Chris Walas, à qui l’on doit les saisissantes métamorphoses de Jeff Goldblum dans «La mouche» de Cronenberg, et Carlo Rombaldi, qui créa, pour les besoins de «King Kong 2», une installation mécanique fort complexe pour animer toutes les parties du corps du grand singe velu. En ce qui concerne l’avenir, les nouvelles techniques tendent de plus en plus vers l’informatique poussée et les images de synthèse. Nous vous promettons de revenir très prochainement sur ce qu’il est convenu d’appeler «les nouvelles images».

G comme gore

goreN’ayons pas peur des mots : le gore est un phénomène de mode. L’accumulation outrancière de boyaux jaillissant des corps disloqués ne saurait en soi constituer un genre à part entière. Quant à l’humour cynique que d’aucuns ont cru y déceler, avouons qu’il s’apparente surtout aux blagues de potaches ou aux grivoiseries de casernement. L’extrême minceur d’un scénario immuable (un groupe de jeunes en proie aux forces du Mal, ou de jolies blondes persécutées par un furieux psychopathe) déjoue hardiment l’analyse la plus pertinente. D’un fatras immonde de nanars ringards, on peut retenir «Maniac», réalisé en 1980 par William Lustig, un délirant cauchemar urbain aux effets spéciaux-chocs conçus par Tom Savini, et «Evildead» de Sam Raimi (1982), pochade sans prétention qui devint en quelques mois un «cult-movie» aux USA. Pour le reste… NB. J’ai, en son temps, défendu le gore au point de commettre un opuscule à son propos. En d’autres termes, j’y ai cru, je n’y crois plus. Merci de votre attention.

C comme Cronenherg

05.10.14 / Divers / Author: / Comments: (0)

Pour un peu, il aurait été médecin! Quelle perte pour le cinoche, imaginer un peu! Ce charcuteur fou du corps et de l’âme, né en 1943 dans la froidure canadienne (on se demande de quelle façon !), s’avère, en quelques films, l’un des plus importants metteurs en scène du cinéma fantastique. D’une filmo en forme de Larousse médical («Parasite murders», «Rage», «Chromosome 3», «Scanners»), on peut dégager au moins trois chefs-d’œuvre. «Vidéodrome », régalade malsaine à base de «snuffmovies», d’aiguilles adroitement piquées dans l’oreille et de mille autres joyeusetés du même tonneau, est une merveille vite devenue une «mondiale cultmovie». «La mouche» en a fait frissonner plus d’un, et le dernier en date, «Faux semblants», dégoûterait n’importe quel «troisième année» de médecine à se lancer dans la gynécologie. Que nous réserve le Maître? Vous le saurez très prochainement.

D comme dentiste

Difficile d’imaginer plus paralysant qu’un rendez-vous chez un odontologue, même si ça peut paraître «sans danger» (dixit Laurence Olivier dans «Maraton man»). Que vos dents soient radicalement cariées ou blanchies sous le harnais d’Ultra Brite, tous, à un moment donné, vous allâtes consulter. Et l’angoisse étreinte, la panique déborde, la terreur survient, inéluctable et incoercible. Cela vaut tous les films d’horreur, n’est-il pas? Ah ! quand la roulette ruse…

L'exorcisteE comme «L’exorciste»

Au départ, un fait divers incroyable de crudité, à l’arrivée, un film affreusement malsain, délicieusement christique et redoutablement efficace. Les cinéphiles ont passé outre les faux raccords et les grossières erreurs de script pour la bonne raison qu’en. 1974, ils étaient littéralement cloués à leurs fauteuils, liquéfiés et submergés par pareil torrent. On n’avait pas souvent vu ça sur un écran, un tel déluge de glaire, d’insanités diverses répandues partout aux quatre coins de la toile blanche. William Friedkin a réalisé ce délire fulgurant et quelque peu putassier. Que reste-t-il aujourd’hui de ce franc succès au box-office? Pas grand chose, à dire vrai, en dehors du prologue tourné en Irak, somptueux et glacé. Mais la suite est beaucoup trop tapes pour affronter l’épreuve du temps avec sérénité.

Star trek 4

23.09.14 / Loisirs / Author: / Comments: (0)

Quatrième voyage de nos héros qui ont, cette fois, grâce à une astucieuse remontée dans le temps, la bonne idée d’arriver sur terre à notre époque. Ce qui permet aux auteurs du scénario de stigmatiser nos petites manies, qui paraissent d’autant plus mesquines face à la sagesse des voyageurs de l’espace et du temps. Beaucoup détestent cette série, et ce quatrième épisode a failli ne pas sortir en salles, vu le peu de succès des précédents. J’avoue avoir une tendresse pour ces space-opéras un peu vieillots du côté acteurs, plutôt spectaculaires du côté effets spéciaux, assez iconoclastes du point de vue dialogue scientifico-déconnant. Espérons que le pan and scan ne réduira pas trop le charme, désuet peut-être, mais certain, de cette saga intergalactique.

Guerre

Que se passait-il en mai 1969? L’élection de Georges Pompidou à la Présidence et le premier anniversaire de mai 68. « Année érotique », chantaient Gainsbourg et Birkin. Au Vietnam, la guerre commençait à devenir très, très sérieuse. Qu’est-ce qui ressemble davantage à une guerre qu’une autre guerre ? Comme en 14-18, il arrivait dans ces rizières sanglantes qu’on se batte pendant dix jours, qu’on se fasse allègrement massacrer pour… une colline. Ici, la colline en question est surnommée Hamburger hill par les p’tits gars de la 101. division aéroportée qui ont reçu l’ordre de la prendre d’assaut, coûte que coûte. Fine allusion à la viande hachée qu’ils sont destinés à devenir. On ne peut pas dire qu’on manque de films sur la guerre du Vietnam… On peut préférer « Platoon » ou « Full metal jacket », ou encore « Good morning Vietnam » qui est actuellement à l’écran, à cette série B où on retrouve tous les clichés de ce cinéma américain dont il ne faut pas oublier qu’il fut, aussi, un gigantesque bêtisier. Chaque personnage est un stéréotype : le Noir, le chicano, le New-Yorkais, l’intello, etc. Sous le feu des francs-tireurs nord-vietnamiens, chacun va, ô surprise, se révéler tel qu’il est. Et d’un bout à l’autre, le film ressasse ce qu’on a déjà vu X fois.

Dolls

10.09.14 / Divers / Author: / Comments: (0)

Stuart Gordon s’est fait connaître en réalisant successivement « Re-animation » et « From beyond », films fantastiques produits par l’Empire de Charles Band. Le délire qui les caractérisait serait-il encore au rendez-vous cette fois-ci ? Pas vraiment, sans doute parce que le thème s’y prête moins. Le début est hyperclassique : un couple et sa petite fille, immobilisés par un orage en pleine campagne, sont hébergés par deux (trop) charmants vieillards qui consacrent leurs loisirs, tels le bon Gepetto de « Pinocchio », à fabriquer des poupées à l’intention des bambins. La nuit venue, les poupées s’animent… Elles sont vivantes et ce sont de redoutables justicières, qui vont châtier les humains de tous leurs vilains défauts. Cette trouvaille rappelle plusieurs bandes dessinées où interviennent des poupées tueuses : la célèbre « Barbarella » de Forest, ou » Eva » de Comès. Pour le cinéma, est-ce vraiment une bonne idée ? Certes, elle permet de renouveler un peu l’arsenal des effets spéciaux. Mais une marionnette, fût-elle sanguinaire, n’est jamais bien effrayante. Si bien qu’on s’intéresse davantage, ici, à la psychologie et au comportement des personnages. La qualité habituelle des productions Empire permettant de pardonner la relative banalité du scénario.

Maximum overdrive

19.08.14 / Divers / Author: / Comments: (0)

Maximum overdrive Après les multiples adaptations de ses romans au cinéma, Stephen King a voulu passer lui-même derrière la caméra en portant à l’écran une nouvelle de son recueil « Danse macabre », « Trucks ». Etait-ce une bonne idée ? Ce n’est pas évident. Etirer une nouvelle à la dimension d’un long métrage suppose un délayage que le fantastique supporte mal. Ici, on commence à s’ennuyer au bout de dix minutes. Pourtant, l’ouverture était prometteuse ! Une comète quelconque, gravitant autour de la terre, dérègle tous les appareils ou machines de notre planète. Ceci donne lieu à une série de gags assez percutants les distributeurs de Coca crachent leurs boîtes comme des boulets de canon, les horloges à quartz affichent des messages obscènes, etc. Saisissante allégorie d’une civilisation fondée sur les gadgets, qui se désagrège d’une façon burlesque. Hélas ! L’action se circonscrit ensuite à un petit groupe d’usagers de l’autoroute réunis dans une station-service qui sera assiégée par une cohorte de gros camions sans chauffeurs qui veulent, évidemment, les exterminer. Dès lors, on se traîne, et en dehors des escarmouches « humains contre camions », ce ne sont que conflits psychologiques d’intérêt très limité. Comparez avec « Cat’s eye qui réunissait trois nouvelles de King. C’était vraiment autre chose.

Miracle sur la 8ème rue

07.08.14 / Loisirs / Author: / Comments: (0)

Miracle sur la 8ème rue Si vous aimez les jolies histoires, les contes de fées revus par la science-fiction et Spielberg (qui se contente ici de produire)… Dans un quartier new-yorkais en démolition et en proie au plus cynique des spéculateurs, qui envoie sa bande de loubards pour terrifier les derniers habitants, un groupe de propriétaires s’accroche à son immeuble. La situation est presque désespérée lorsque débarquent deux mini-soucoupes volantes qui vont faire des miracles et aider les pauvres bougres à retrouver la joie de vivre ! On baigne en plein Frank Capra… et en plein Spielberg, car cet optimisme béat et cette foi dans les valeurs morales traditionnelles se sentaient déjà dans le sketch « Kick the can » de «La quatrième dimension », dans » Rencontres du troisième type », » La couleur pourpre » et aussi « Gremlins ». Si l’on met son sens critique et sarcastique au portemanteau pour enfiler son âme d’enfant, « Miracle sur la 80 Rue «est un régal. Les petites soucoupes facétieuses et tendres (la dame Ovni est enceinte) sont joliment animées et conçues avec l’anthropomorphisme qui convient. Quant aux comédiens, ils sont parfaits de justesse et de fragilité… notamment Hume Cronyn et Jessica Tandy, mariés à la ville et grandes personnalités du théâtre américain, que l’on vit récemment au cinéma dans « Cocoon ». Leur complicité et leur tonique énergie vous donneraient envie de ne faire que des films sur le troisième âge.

Phantom

PhantomA mi-chemin entre Mad Max et K 2000, avec un petit rien de Robocop, voici Phantom. Cet être aux allures de spationaute arrive tout droit de l’au-delà pour se venger d’une bande de délinquants qui lui ont pris sa vie. Son arme : une mystérieuse Turbo Interceptor, une magnifique voiture noire aux performances redoutables. Un à un, dans des courses-poursuites diaboliques, il va éliminer les responsables de sa mort.

« Phantom » est passionnant à plus d’un titre. Tout d’abord, si l’idée de base n’est pas très originale, elle permet d’entretenir un suspense oscillant entre mystère et surnaturel. Ensuite, le film, grâce à une succession de scènes d’action magistralement orchestrées, est particulièrement bien rythmé. Enfin, à elle seule, la présence de CharSheen et de Nick Cassavetes (les enfants de…) justifie que I’on se plonge sans hésiter dans cet antre de la violence et de la vitesse qu’est « Phantom ». Le réalisateur Mike Marvin a puisé son inspiration dans de nombreux classiques où voitures, armes et jeunesse sont les reines. Le résultat vaut le détour, ne vous en privez pas…

Cannibales

24.07.14 / Ce que je préfère / Author: / Comments: (0)

Cannibales Une orgie de viande humaine ! Une famille de crasseux, le père et ses trois fils (Benny, Elwood et Harley), erre dans la montagne californienne à la recherche de ses victimes. C’est sur un groupe de jeunes promeneurs que cette ignoble bande de rapaces va jeter son dévolu. Accrochez-vous, car c’est là que l’on se met à table… Harley décapite ses victimes, Elwood les transperce d’un coup de pioche, Benny se contente de ses dents (ou de ce qui lui en reste) pour déchiqueter les corps et étancher sa soif de sang. Les plaisirs de la chair, vous connaissez ? Quant au père, il supervise et dirige cette chasse à l’homme en poussant de grands coups de gueule. Le menu est savoureux, avouez-le ! Sauce hémoglobine à volonté… Amateurs de gare, vous allez vous régaler. Rien n’a été laissé de côté, le spectateur assiste à chaque opération dans les moindres détails. Le réalisateur nous conduit directement du producteur au consommateur en oubliant l’emballage. En effet, ces cannibales ne nous offrent rien d’autre qu’une vaste et sanguinolente boucherie. Outre quelques scènes d’action rondement ficelées, le reste du film n’est que cris et hurlements. Certes, l’ensemble est décapant, c’est le moins que l’on puisse dire, mais on regrettera la trop grande pauvreté des dialogues (ah, oh, groin et miam). Le talent des comédiens, et surtout celui des trois fils, est cependant à mettre au crédit de cette production. Bref, un film sang pour sang pur gare destiné aux fans du genre.

La belle au bois dormant

13.07.14 / Ce que je préfère / Author: / Comments: (0)

Pauvre petite princesse Aurore, maudite par une vilaine sorcière le jour de son baptême, et qui est destinée à se piquer le doigt à un rouet avant de dormir du sommeil des morts et d’être réveillée par le baiser d’un prince charmant En fait, cette adaptation d’un conte de Charles Perrault semblerait bien fade et bien désuète aujourd’hui, s’il n’y avait toute la roublardise Disney ! La belle Aurore est le personnage le plus fade de l’histoire. Car, du côté des gentils, il y a trois irrésistibles bonnes fées (Flora, Pimprenelle et Pâquerette) qui passent leur vie à se disputer et à tenter de fabriquer une robe ou concocter un gâteau, sans avoir recours à la baguette magique. Le résultat est, bien sûr, catastrophique mais inénarrable de drôlerie. Côté méchante, la sorcière maléfique et les « damnées » créatures (style méchant corbeau OU dragon tonitruant) qui l’entourent ne craignent ni la surcharge ni l’emphase dans le cynisme et la cruauté. Elles finiraient même par vous foutre vraiment la trouille si elles n’étaient pas aussi séduisantes de perversité. Un véritable régal !

Les sorcières d’Eastwick

Les sorcières d'Eastwick
Mais où sont les sorcières d’an-tan ? Dans les films fantastiques, bien sûr, mais pas seulement si on en croit John Updike (auteur) et George Miller (réalisateur) des « Sorcières d’Eastwick ». Pour eux, les sorcières sont parmi nous, elles n’ont plus de balais aériens ni de chapeaux noirs, .elles sont probablement journalistes, sculpteurs, profs de musique, et habitent un hameau de la Nouvelle-Angleterre, elles sont jeunes, séduisantes, actives et libres comme l’air… comme Sukie, Alexandra et Jane ! Trois amies qui ignorent peut-être qu’elles ont gardé quelques pouvoirs occultes en héritage de leurs ancêtres. Par exemple, déclencher un orage pour couper court à un discours ennuyeux. Qui va les révéler à elles-mêmes ? Un inconnu, bizarre étranger venu s’installer à Eastwick. Egoïste, grossier, irritant, insolent, mais irrésistible. Autour de ce Daryl, les trois « sorcières » vont former une petite société de philosophie libertine, vivant dans une euphorie que réprouve la société bien-pensante des puritains locaux. Il faut dire que ce trio de rêve se compose de Susan Sarandon, Cher, et Michelle Pfeiffer, qui rivalisent de charmes (on ne sait où donner des yeux), que Daryl est un Jack Nicholson plus malicieusement sardonique que jamais, que cette histoire est aussi originale qu’inattendue, un piquant cocktail de fantaisie et de suspense, enfin que le rythme est vif, soutenu par la musique inventive de John Williams. George Miller (« Mad Max ») n’a pas manqué son coup en passant du futur de cauchemar à la comédie de rêve.

Saxo

25.06.14 / Loisirs / Author: / Comments: (0)

Ariel ZeitounAriel Zeitoun vibre au tempo des musiques. Dans son précédent film, « Souvenirs, souvenirs », il nous plongeait dans un rock’ n roll français très sixties, directement lié au monde de l’adolescence, qui séduisait par son parfum de rêves et de nostalgies autobiographiques. Avec « Saxo », la musique est encore au cœur du film. Cette fois, c’est le blues, mais l’on sent qu’Ariel Zeitoun a mis beaucoup de lui même de sa passion, de sa ténacité et de cette folie enivrante qui le saisit lorsqu’il sent que le rêve peut devenir réalité. Même si le film adapte un roman noir de Gilbert Tanugi, « Saxo » est un film à la première personne. Et cela le rend d’autant plus passionnant, sincère et lyrique, généreux et monomaniaque. Sam (Gérard Lanvin) est » music producer ». Disons qu’il essaye de vivre de sa passion en montant des coups. Sam ne vit que pour le blues et, un soir, dans une rue de banlieue abandonnée aux immigrés, il entend la voix de Puppet et le saxo de Joe. Deux perles noires, rendant magique une boîte sordide ! Telles des apparitions furtives, Puppet et Joe disparaissent, fuient, cachent un lourd secret. Mais Sam a choisi son camp : la musique et les musiciens dont il est tom bé fou d’amour. Il veut les immortaliser sur un disque et les faire connaître au monde. Pour cela, il est prêt à plonger en enfer, pour les ramener ou y rester avec eux ! Filmant avec un fascinant lyrisme, Zeitoun crée des univers nocturnes et un monde marginal à la limite du fantastique. Plus écorché vif et plus impressionnant que jamais, Lanvin imprime le film de sa sincérité. Après « Saxo », on ne peut plus dire que le cinéma français manque de souffle, d’ambition et d’originalité !

La vallée fantôme

La vallée fantômeCette « Vallée fantôme », c’est celle du Rhône suisse, envahie de brumes matinales et arpentée par un cinéaste quinquagénaire au visage embroussaillé qui, s’il est incarné par Jean-Louis Trintignant, ressemble comme deux gouttes d’eau à Alain Tanner lui-même, le chef de file du jeune cinéma helvétique dans les années 70. Aujourd’hui, il est pessimiste, quoique sans amertume. Simplement, il constate : « Bientôt, il n’y aura plus de cinéma ». Et pourtant, il tourne des films. Du moins, il essaie. Il reçoit la visite d’un jeune homme pour qui » faire du cinéma » est encore un rêve. Si convaincant qu’il accepte de le prendre comme assistant et le charge d’une mission digne d’un détective : retrouver en Italie, près de Venise, une jeune actrice repérée par lui quelques années plus tôt. Elle a disparu des écrans. Qu’est-elle devenue ? Jean prend la route… On devine qu’il retrouvera la trace de la brune Dara (très belle et attachante Laura Morante) et qu’une relation se nouera entre eux. Mais l’essentiel, c’est l’amour du cinéma, à travers ses petits côtés les plus ingrats, qui émane du film de Tanner. Une jeune femme qui attend vainement la sonnerie du téléphone, un metteur en scène triant des photos, qui cherche son sujet, qui hésite… On est loin du strass et des sunlights de la légende made in Hollywood ! Mais le cinéma, c’est cela aussi. Avec sincérité et sobriété, Alain Tanner nous le dit.