M comme malaise

11.12.14 / Divers / Author:

L’un des buts du cinéma fantastique pur et dur, c’est d’amener progressivement le spectateur à un état qui n’a qu’un lointain rapport avec la joie de vivre et la douceur d’exister. Cette approche n’a, bien sûr, aucun rapport avec l’effet-choc qu’on reçoit en plein foie suite à un zoom «coup de poing» sur une énucléation à la fourchette à huitres. Au contraire, par la grâce d’un climat subtilement installé, l’angoisse se fait insidieuse, amenée doucereusement pour nous envelopper tout cru dans un profond malaise. Rares sont les films qui y parviennent. Je vous recommande, de ce point de vue, «Anguish», réalisé en 1987 par le cinéaste espagnol Bigas Luna, qui prodigue jusqu’au final cette bien pénible sensation. Impossible de dévoiler l’histoire, mais sachez qu’à la troisième vision, on éprouve toujours le même malaise. Si vous ne l’avez point vue, précipitez-vous sur la cassette!

N comme «Néron»

NéronLe docteur Frieda Boher, lesbien et nécrophage, a créé de toutes pièces (rapportées!) un homme-robot à la tête de mort, pourvu d’un sexe énorme, qui se nourrit exclusivement de chair humaine et animale. Tous deux vont vivre des aventures palpitantes, immorales et complètement dégueulasses. Non, il ne s’agit pas d’un film, mais d’une BD italienne signée Magnus, de son vrai nom Roberto Raviola. Parue dans les années 60, elle provoqua, en Italie, polémiques et passions. Les éditions Albin Michel ont la bonne idée d’éditer en album cette série unique dans les annales de la bande dessinée. Aucune autocensure ne paralyse l’auteur qui s’en donne à cœur joie dans l’immonde et le malsain, le grinçant et l’incroyable. Le dessin, tout en rondeur et finesse, sert d’ironique contrepoint à des histoires à faire gerber. les fans de gore eux-mêmes. Pour vous mettre en appétit, je vous recommande «Le roi des cannibales», réellement à se tordre. De rire ou de douleur? A vous de voir!

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