La belle au bois dormant

13.07.14 / Ce que je préfère / Author:

Pauvre petite princesse Aurore, maudite par une vilaine sorcière le jour de son baptême, et qui est destinée à se piquer le doigt à un rouet avant de dormir du sommeil des morts et d’être réveillée par le baiser d’un prince charmant En fait, cette adaptation d’un conte de Charles Perrault semblerait bien fade et bien désuète aujourd’hui, s’il n’y avait toute la roublardise Disney ! La belle Aurore est le personnage le plus fade de l’histoire. Car, du côté des gentils, il y a trois irrésistibles bonnes fées (Flora, Pimprenelle et Pâquerette) qui passent leur vie à se disputer et à tenter de fabriquer une robe ou concocter un gâteau, sans avoir recours à la baguette magique. Le résultat est, bien sûr, catastrophique mais inénarrable de drôlerie. Côté méchante, la sorcière maléfique et les « damnées » créatures (style méchant corbeau OU dragon tonitruant) qui l’entourent ne craignent ni la surcharge ni l’emphase dans le cynisme et la cruauté. Elles finiraient même par vous foutre vraiment la trouille si elles n’étaient pas aussi séduisantes de perversité. Un véritable régal !

Les sorcières d’Eastwick

Les sorcières d'Eastwick
Mais où sont les sorcières d’an-tan ? Dans les films fantastiques, bien sûr, mais pas seulement si on en croit John Updike (auteur) et George Miller (réalisateur) des « Sorcières d’Eastwick ». Pour eux, les sorcières sont parmi nous, elles n’ont plus de balais aériens ni de chapeaux noirs, .elles sont probablement journalistes, sculpteurs, profs de musique, et habitent un hameau de la Nouvelle-Angleterre, elles sont jeunes, séduisantes, actives et libres comme l’air… comme Sukie, Alexandra et Jane ! Trois amies qui ignorent peut-être qu’elles ont gardé quelques pouvoirs occultes en héritage de leurs ancêtres. Par exemple, déclencher un orage pour couper court à un discours ennuyeux. Qui va les révéler à elles-mêmes ? Un inconnu, bizarre étranger venu s’installer à Eastwick. Egoïste, grossier, irritant, insolent, mais irrésistible. Autour de ce Daryl, les trois « sorcières » vont former une petite société de philosophie libertine, vivant dans une euphorie que réprouve la société bien-pensante des puritains locaux. Il faut dire que ce trio de rêve se compose de Susan Sarandon, Cher, et Michelle Pfeiffer, qui rivalisent de charmes (on ne sait où donner des yeux), que Daryl est un Jack Nicholson plus malicieusement sardonique que jamais, que cette histoire est aussi originale qu’inattendue, un piquant cocktail de fantaisie et de suspense, enfin que le rythme est vif, soutenu par la musique inventive de John Williams. George Miller (« Mad Max ») n’a pas manqué son coup en passant du futur de cauchemar à la comédie de rêve.

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