Dangereuse sous tous rapports

21.06.15 / Divers / Author:

Dangereuse sous tous rapportsDu cinéma qui décoiffe et vitriole dur… tout en sachant rester palpitant et drôle. Celle qui est dangereuse, c’est Mélanie Griffith, coiffée d’une perruque à la Louise Brooks, particulièrement sexy et provocante. Dans le film de Jonathan Demme, elle joue les bâtons de dynamite à mèche rapide ! Elle prend en charge un jeune cadre un peu stressé et très coincé dans toutes ses contraintes sociales. Et elle l’entraîne dans une folle cavale à côté de laquelle celle de «Bonnie and Clyde» fait impression de sortie de première communion. Car «Dangereuse sous tous rapports» accumule les coups de théâtre savoureux, les situations cocasses, les surprises et les rebondissements. Le réalisateur Jonathan Demme, en filmant à deux cents à l’heure, a su donner un rythme moderne au film. Le cocktail Jeff Daniels, le mou, et Mélanie Griffith, l’explosive, sont tonifiants à souhait… surtout lorsque vient s’y adjoindre le piment de danger en la personne de Ray Liotta, un nouveau venu au regard bleu à faire craquer toutes les dames. La réussite de ce film, c’est sous couvert d’un divertissement mode de s’offrir une mise en boîte particulièrement vivifiante de notre folie moderne.

Gloria

GloriaSorte de vamp déchue aux cheveux vaguement platinés, Gloria s’acharne sur la sonnette de ses voisins elle n’a plus de café. En guise de nectar, la famille terrorisée lui balance un petit garçon de six ans dans les bras, munis d’un carnet compromettant. Postée dans l’immeuble, la Mafia abat parents, sœur et grand-mère quelques minutes plus tard. Désormais traqués, Gloria et l’enfant, porteur du fameux calepin, tentent de quitter New York, mais les gangs sont partout, Magnum à la main. Ex-femme de caïd, Gloria connaît bien le milieu et l’affrontera avec ses propres armes pour protéger ce marmot insupportable qui n’a plu qu’elle. En plus, Gloria déteste les enfants. Insensible et imperturbable, elle descend un à un ses amis devenus agresseurs. Suspense incessant et pointes d’humour noir, ce scénario balaie tous les clichés typiques du polar façon maffioso : pas de massacres sanguinolents, de mitraillettes zélées ou de costumes à rayures. Gena Rowlands (dans la vie Mme Cassavetes), formidable en blonde indestructible, est à elle seuls un véritable spectacle, à faire pâlir Bette Midler. L’action essoufflante, les dialogues croustillants, et l’émotion latente s’enchevêtrent et se fondent dans une mise en scène au rythme infernal. Les décors et les jeux de lumière dénoncent une précision taillée au millimètre. Un grand thriller pour connaisseurs. Ah, Cassavetes, c’était quelqu’un…

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