Camille Claudel

22.04.15 / Divers / Author: / Comments: (0)

Camille ClaudelCe fut l’événement de l’année 1988. Cinq Césars et treize nominations, 4 millions de spectateurs et une presse enthousiaste… Pour la sortie de «Camille Claude!» en vidéo, Proserpine a mis le paquet en présentant une version intégrale plus longue que celle présentée au cinéma, et disponible en deux vidéocassettes. Première époque Rodin. Deuxième époque Camille. Le tout dans un luxueux coffret. «Camille Claude!», premier film du directeur de la photographie Bruno Nuytten, raconte la vie, la passion, ses amours avec Rodin, et la folie de cette femme sculptrice, qui fut la sœur de Paul Claude!. Camille, bien c’est Isabelle Adjani qui trouve là un rôle dans la lignée de «Adèle H» ou des «Sœurs Brontë». Adjani s’est battue pour que le film se fasse. Toute son énergie et tout son enthousiasme se retrouvent dans sa manière d’interpréter Camille. Il faut voir la passion qu’elle met à frapper la glaise ou à se heurter avec son amant Rodin (formidablement interprété par Depardieu). Film en perpétuel mouvement, film lyrique et fougueux qui «décoiffe» et remue, «Camille Claudel» peut exaspérer ou fasciner. En aucun cas, il ne peut laisser indifférent !

Cabaret

Le Kit Kat Klub : un lieu magique plein de porte-jarretelles et de bouteilles de champ, Où s’engouffre le Tout-Berlin, déprimé par le nazisme, pour s’offrir quelques heures de paradis. Danseuse-chanteuse de cabaret, Sally rêve des spotlights hollywoodiens. Cloitrée dans cet univers à la fois pitoyable et grandiose, elle s’éprend d’un étudiant besogneux et (pas pour longtemps) bien-pensant, fraichement débarqué d’Angleterre. Avide d’éducation charnelle, il succombe aux folies nocturnes de son initiatrice. De «Lenny» à « Star 80 », en passant par «All that jazz», Bob Fosse, ex-chorégraphe Broadway, cristallise sa fascination pour les coulisses du show-biz.Cabaret «Cabaret» retrace avant toute l’errance de fêtards désabusés paumes androgynes, bisexuels ou travestis, ils cachent leur désarroi sous leur ambiguïté, noient leur mal de vivre dans les confettis. Éblouissante et explosive, Liza Minnelli a décroché l’Oscar de la meilleure actrice pour sa performance. Inutile d’encenser les décors, la mine en scène et la bande-son, superbes hommages aux années 30. Impérissable !

La peau douce

11.04.15 / Divers / Author: / Comments: (0)

Pierre Lachenay, écrivain en vogue, et sa femme, ménagère oisive, forment un couple modèle de la petite bourgeoisie parisienne. Leurs deux enfants sont propres sur eux, leurs amis sincères et intègres. Nouvelle coqueluche des conférences et autres réunions mondaines, Pierre voyage beaucoup en solitaire. Use idylle avec Nicole, hôtesse de l’air, et il rentre piteusement au bercail. Pensées fautive main cœur enflamme, ii décide de revoir Nicole, qui assume difficilement les 5 a 7 d’un bonheur illusoire…La peau douce «La peau douce» est une chronique sans complaisance de l’adultère dans la société des sixties. Scrutateur impartial, Truffaut s’applique surtout à disséquer la conscience de ses personnages : le mari indécis et lâche qui ne plaquera jamais sa femme, et la maitresse lésée (Dorleac, sublime) qui espère sans trop y croire. Pas d’émotions versées à la louche ou de larmoiements inutiles, simplement l’histoire d’un amour dans l’impasse. Une œuvre à la fois glacée et attachante, désuète et intemporelle. A conserver !

Out of Africa

Champion incontesté du box-office pour l’année 1986 avec plus de 1,3 million de spectateurs, «Out of Africa» (rebaptisé «Souvenirs d’Afrique» en province) n’a donc pas été vu par 54 millions de personnes en France, ce qui laisse espérer une bonne vente de la cassette, d’autant plus que certains voudront le revoir.Out of Africa Rappelons donc rapidement qu’il s’agit d’une adaptation d’un roman danois de Karen Blixen (paru en France sous le titre «La ferme africaine»), l’histoire d’une héritière qui, par dépit amoureux, épouse un baron ruiné qui l’emmène au Kenya. La délaisser par un mari toujours absent, elle est disponible pour une grande passion : ce sera le chasseur solitaire Finch Hatton (Robert Redford). La présence de celui-ci à l’affiche, alliée au thème romantique en diable de Karen Blixen, a fait fondre des bataillons de spectatrices promptes s’identifier a la malheureuse et amoureuse Meryl Streep. Tandis que Sydney Pollack a tire le plus poétique parti des superbes paysages kenyans que l’on contemple à loisir du haut du petit avion de Robert Redford. A part ça c’est peut-être un tout petit peu longuet. Comment ? Oh, pardon… Excusez-moi… je ne le ferai plus. OK, d’accord, je n’ajoute plus rien, il faudrait avoir une pierre à la place du cœur. Je n’ai rien dit…

Belle de jour

25.03.15 / Divers / Author: / Comments: (0)

Tenancière renommée d’une maison de rendez-vous, Mme Anaïs monnaie les charmes de jeunes bourgeoises désœuvrées pour satisfaire les exigences de ses clients. Séverine, sa nouvelle recrue, est belle et énigmatique. Épouse rangée d’un chirurgien, elle espère combler ses frustrations conjugales au prix de quelques passes. Chaque après-midi, Belle de jour, alias Séverine, s’épanouit dans les fantasmes des autres, devient l’égérie des masos mondains, la délivrance des inhibés. Peu à peu, Marcel, petit truand minable, tombe amoureux d’elle. Pire il refuse de la partager, quitte à éliminer le mari ignorant. Passionnée, mais prisonnière de son double jeu, Séverine se dérobe.Belle de jour Chronique dramatique sur le bien et le mal du désir, ce grand cru 67 reflète les obsessions chères à Bu sud. Délires érotiques, adultère, critique ironique de la bourgeoisie, violence passionnelle. L’ambiance est troublante, la progression imprévisible. La mise en scène transgresse l’esprit du roman de Joseph Kessel, que Bunuel n’avait pas aimé, sans pour autant s’en éloigner : elle le transpose en rêve, là où règnent le subconscient et ses tabous. Intello, certes, mais ensorcelant. Quant à Deneuve, elle excelle en Belle de jour assombrie.

Pot-bouille

Ses talents de businessman et son arrivisme propulsent rapidement Octave Mouret à un job prometteur au Bonheur des Dames, magasin de luxe renommé. Trop à l’étroit dans sa petite chambre de bonne parisienne, il exploite toutes les opportunités susceptibles d’alimenter sa carrière commerciale et son porte-monnaie. Grisé par son ascension et ses multiples conquêtes, il s’applique à séduire sa patronne, mais elle le repousse avec véhémence. Mouret, qui refuse l’échec, propose ses services à un concurrent… et à sa femme ! Ce classique de Duvivier réunit Danielle Darrieux et Gérard Philipe trois ans après «Le rouge et le noir» (René Clair). Un grand cru des finies, à savourer sans retenue.

Bagdad café

08.03.15 / Divers / Author: / Comments: (0)

Bagdad caféQuelle femme bizarre ! Instinctivement, c’est la réaction de Brenda, la patronne du Bagdad Café, petit motel perdu sous le soleil du Nevada, lorsque survient, incongrue, une grosse Bavaroise tirée à quatre épingles, tirant sa valise à roulettes depuis la highway. Son mari goujat l’a abandonnée là, en plein désert. Brenda, petite Noire survoltée et mal embouchée, n’a rien de commun avec la placide et stricte Jasmin. Bien sûr (sinon, où serait le film ?), l’Allemande va conquérir peu à peu le petit monde du Bagdad Café. Apprivoisant les enfants de Brenda, intriguant leur mère, séduisant le peintre voisin (Jack Palance), décorateur de cinéma en rupture d’Hollywood. Bientôt, pour payer sa pension, Jasmin demande à Brenda de l’employer à la cafétéria, et ses tours de magie attirent les routiers. D’où vient le charme mystérieux de ce petit film 7 D’abord, on est séduit par l’originalité de l’image, des cadrages, des couleurs. Puis on se laisse fasciner par la métamorphose de Jasmin. par l’ambiance euphorique et familiale du Bagdad Café. L’énorme succès du film de Percy Adlon, malgré une sortie initiale relativement modeste a marqué l’année 88. Vieillissant, bourru, un tantinet aigri, l’éminent professeur Faust a investi son existence dans la science et l’étude de ses semblables, au détriment d’une jeunesse qu’il n’a jamais vécue. Au diable l’amertume ! Méphistophélès s’active perfidement à rattraper le temps perdu et confère une nouvelle vie à ses victimes en échange de leur âme. Rafraîchi et défripé. Faust revêt le corps d’un charmeur juvénile tandis que son bienfaiteur maléfique s’approprie l’aspect du doyen décrépi. Ivre de bonheur, grisé par sa « résurrection », Faust consent à léguer son âme à l’infâme et s’infiltre dans la noblesse en qualité d’alchimiste… Acteur fétiche de René Clair, Gérard Philipe arbore une insouciance fougueuse face à un Méphisto cynique et pervers, magistralement incarné par Michel Simon. Le scénario « grince » d’humour, le drame se décline en dérision, l’image (en noir et blanc) est intimiste et… envoûtante. Une passionnante confrontation entre deux mythes, ponctuée de réparties subtiles et d’œillades inquiétantes. Irrésistiblement démoniaque !

Le maquillage de l’horreur

24.02.15 / Divers / Author: / Comments: (0)

Le récent boom du marché des cassettes à la vente a fait apparaître un certain nombre de produits dérivés (documentaires, reportages, films de sport), dont nous vous parlons régulièrement dans nos colonnes. De plus en plus d’éditeurs ouvrent leurs catalogues à des programmes inédits dont les consommateurs se montrent très friands c’est pourquoi nous évoquons, à l’occasion de ce numéro spécial fantastique, deux séries de cassettes qui viennent d’être éditées par des labels indépendants. Nous devons la première à notre confrère L’Ecran fantastique qui propose, en achat par correspondance, deux cassettes intitulées «Special make-up effect». Traduites de l’américain en français, ces vidéos ouvrent les portes du mystère que les grands maquilleurs des studios hollywoodiens s’efforçaient jusqu’à présent de laisser planer… Pour une fois, les âmes sensibles pourront regarder en face les monstres et les figurants en mal de déformations toutes catégories.maquillage de l'horreur Chaque démonstration de maquillage est précédée d’une liste d’ingrédients nécessaires à la fabrication ou à l’élaboration du modèle recherché, comme pour une recette de cuisine. Les apprentis sorciers n’ont plus qu’à suivre les consignes du spécialiste. Mais c’est avant tout à des professionnels ou des étudiants qualifiés que s’adressent les programmes. Dans cette optique, la seconde série de cassettes est d’ailleurs réalisée par l’Atelier international de formation professionnelle Hélène Ouillé qui organise un certain nombre de séminaires chaque année intitulée «FX 1 et 2», ces cassettes donnent des explications à la fois claires et simples à ceux qui désirent faire leurs premières armes de maquilleur professionnel. Depuis, une dizaine d’années, le maquillage est devenu une des cartes maîtresses du cinéma fantastique. L’apparition du gore n’a fait qu’amplifier le besoin d’effets spéciaux et de visages cauchemardesques dans les longs métrages. «Evildead», le film de Sam Raimi, reste un des modèles du genre. Mais depuis 1982 (date à laquelle fut présenté le film), des dizaines de productions de ce type ont vu le jour. De Romero («La nuit des morts vivants») à Lucio Fulci («Frayeurs») en passant par Dario Argento («Inferno», «Ténèbres»), le spécialiste incontesté des films «pur sang», de nombreux réalisateurs ont fait appel aux merveilles du make-up pour conquérir les âmes avides de sensations fortes. Le meilleur exemple restant celui de Freddy, la star incontestée du genre. Héros d’une série de quatre (bientôt cinq) films, cette tête brûlée est devenue LE symbole de toute la profession. C’est une véritable superstar outre-Atlantique, et des centaines de fans ont adopté son masque terrible. Vous serez sans doute les premiers à vouloir essayer de vous mesurer au père spirituel du fameux monstre. Pour cela, procurez-vous un chapeau, du coton, 200 grammes de latex fondu, du fond de teint, une lame bien aiguisée, une bouteille d’huile d’olive, une palette de peinture .et un gros pot de colle forte. Recette : dénichez un volontaire qui veuille bien passer quelques minutes entre vos mains (ne lui avouez pas vos intentions). Badigeonnez le support de colle forte avant de lui fixer du coton en masses irrégulières sur tout le visage. Versez-lui sur le coin du nez une casserole de latex fondu. Laissez reposer pendant trois jours. Reprenez votre labeur en répartissant le fond de teint sur le latex séché. Déchiquetez les joues à l’aide de votre jolie lame. Ajoutez quelques points de couleur, l’huile d’olive vous servant à simuler la transpiration du support si elle n’est pas naturelle. N’oubliez pas de placer le chapeau sur la tête, et le tour est joué… Merci professeur Pierrot. Sachez apprécier et consommer tous ces précieux conseils avec modération. Et référez-vous aux deux séries de cassettes, par précaution! Vous pourrez vous procurer ces deux séries de cassettes en contactant : pour «Special make-up effect 1 et 2», L’Ecran fantastique au 48.78.04.01, et pour «FX 1 et 2», l’Atelier international de maquillage au 43.48.47.46.

Xcomme «X-Tro »

09.02.15 / Divers / Author: / Comments: (0)

De ce film nul et non avenu, réalisé en 1984 par Harry B. Davenport, on ne retiendra qu’un accouchement avec douleur particulièrement pénible, puisqu’une jeune femme expectore vaginalement, dans d’atroces souffrances, un machin informe, sorte de sous-Alien sale et laid. Exclusivement réservé aux amateurs de gore et aux apprentis gynécos…

Y comme «y a-t-il quelqu’un derrière la caméra?»

On est en droit de se le demander, car s’il y a un genre où on compte le plus de nanars, c’est bien le fantastique épouvante. Cadrages approximatifs, mise au point réglée sur la ligne bleue des Vosges, décors hideux, interprètes nullissimes, si des fois on croit rêver, c’est souvent en plein cauchemar qu’on nage. N’entamons pas la polémique sur le fait que quelques jeunes réalisateurs crèvent de ne pas pouvoir travailler, mais au vu de certaines productions (je pense à «Cannibales» entre autres), si la honte ne désarçonne pas, la colère peut poindre. J’ai dit!

Z comme ZorglubZ comme Zorglub

Concluons cet abécédaire par l’un des personnages les plus savoureusement antipathiques de la BD franco-belge, j’ai nommé Zorglub. Dans le petit monde de Spirou, entre Fantasio, Skip et le Marsupilami, le dessinateur Franquin a inventé le pendant malin du comte de Champignac, savant altruiste et bon. Ce méchant, qui rêve bien sûr de conquérir le monde, se distingue surtout par sa bêtise crasse. Il apparaît dans quelques aventures de Spirou (Éditions Dupuis), «Le sorcier de Champignac», «Z comme Zorglub» et «L’ombre du Z», pour n’en citer que quelques-uns. L’autre particularité de ce savant pas malin est d’avoir inventé un langage qui se lit et s’écrit à l’envers. Alors, à tous, je lance : «EvivoédiVtpes ».

T comme titres

23.01.15 / Divers / Author: / Comments: (0)

A l’inverse de ceux des pornos, les titres des films fantastiques ne brillent guère par leur humour. Voici, en vrac, quelques suggestions hasardeuses : «Massacre à la petite cuiller», «Le bouffeur de rates», «Viol aveugle d’un pourceau psychopathe», «Jeudi 12» ou «Samedi 14» au choix, «Le tueur de la saint Glinglin», «L’exorciste goupillonnera trois fois». Vous pouvez jouer également et m’envoyer vos suggestions.

U comme ustensiles

Il est rare que les maniaques trucident à mains nues. Les scénaristes leur ont donc fourré dans les paluches tout un tas d’accessoires pour accomplir leurs basses besognes. On notera une nette prédilection pour le tranchant (couteau, scalpel, fourche, hachoir, poinçon, tronçonneuse, pic à glace, cure-dentépluche pomme de terre, râpe à fromage, etc.), et pour le contondant (grosse pierre, gourdin, massue, rouleau à pâtisserie, et j’en passe). Mais le spectateur attentif constatera qu’on en vient de plus en plus à l’utilisation irrationnelle des ustensiles les plus courants de la vie quotidienne, tels la friteuse, la perceuse, le grille-pain ou la télé qui implose. Alors, méfiance…

V comme vasectomie

A ma connaissance, aucun film, fantastique ou autre, ne traite de ce sujet pourtant hautement évocateur…

W comme wrightson

Berni Wrightson est l’un des plus habiles représentants de la nouvelle BD d’épouvante anglo-américaine. Son trait hyperréaliste et l’originalité de ses cadrages traduisent affreusement nos plus profondes angoisses. Si la plupart de ses œuvres sont disponibles chez Glénat et Albin Michel, son album le plus abouti, «La créature des marais», est aujourd’hui introuvable en France.

Q comme sexe

14.01.15 / Divers / Author: / Comments: (0)

Davantage que dans la forme, c’est dans le fond qu’intervient la notion de sexe dans le cinéma fantastique. « Dracula » en est sans doute l’exemple le plus probant, la morsure dans le cou des jeunes vierges rappelle le symbole abstrait d’une fellation à l’envers. Mais le genre entier est baigné de sexualité soumise ou assumé, puisque le «fantastique» est par essence assujetti à la perversion du normal, à la folle transgression de la pure réalité. Du coup, les manifestations du désir ou du plaisir s’en trouvent-elles fortement perturbées, voire violentées. Je peux donc affirmer que tous les films fantastiques usent de la sexualité, avec plus ou moins d’évidence.

RomeroR comme Romero

Indiscutablement, une certaine tendance du cinéma d’épouvante doit beaucoup à ce réalisateur américain né en 1939. Tournée en noir et blanc selon la technique du reportage, «La nuit des morts vivants» (1969) demeure encore aujourd’hui un film-culte, et sa force dérangeante n’a rien perdu de son impact. Il est regrettable que par la suite, George A. Romero se soit quelque peu fourvoyé dans les redites («Zombie» (1978), «Le jour des morts vivants» (1985) ou les essais non aboutis comme « Martin» en 1976 ou «Creepshow» en 1983. C’est en 1987 qu’il nous revient au mieux de sa forme avec «Incident de parcours» évoqué plus haut. Espérons que son «union» avec Dario Argento le remettra enfin sur les rails de l’emblématique train infernal.

S comme «Shining»

Shining

Kubrick n’avait jamais abordé le cinéma d’épouvante, lui qui pourtant phagocyte tous les genres. En 1979, il s’attaque à un gros bouquin d’un maître du genre, Stephen King, intitulé «The shining». Le résultat filmique a beaucoup déçu. C’est que le géant a voulu trop en faire. Avec le souverain mépris de celui qui sait, il assène chaque effet, allonge chaque scène jusqu’à l’emphatisme et donne même, fait inhabituel chez lui, dans la redondance (les séquences avec le tricycle). Nicholson, qui n’a rien d’autre à faire, cabotine à tout va, et Shelley Duvall ne réussit à mimer la terreur qu’au bout de vingt-cinq prises. Restent de ce film trop long de brillantes fulgurances, par trop fugaces vu le génie de Kubrick. Un coup pour rien, Monsieur le professeur…

O comme organes

20.12.14 / Divers / Author: / Comments: (0)

De toute manière, dans le genre qui nous interpelle, ils éclatent! C’est leur raison d’exister. Qu’on se souvienne du foie arraché à la servante quinquagénaire par l’affreux sbire du docteur, dans «Chair pour Frankenstein» de Paul Morrissey, ou encore des entrelacs d’intestins qui festonne, au final de «Re-animator» réalisé par Stuart Gordon. La liste est fort longue, et répertorier tout ce qui gicle de l’intérieur du corps humain s’avère très vite fastidieux. D’autant que ces choses-là n’existent qu’au cinéma. On n’a encore jamais vu un bonhomme imploser…

P comme plagiat

De tout temps, les succès des grands ont inspiré les petits maîtres. Mais en matière de cinéma, dès qu’il s’agit d’exploiter un filon, les Italiens sont les seigneurs. On ne compte plus les incroyables resucés spaghettis de «L’exorciste», des «space-opera» et des films de bandes, style «The warriors». Les noms de ces rois de la pompe sinuent entre quarante pseudonymes, mais les plus connus d’entre eux s’appellent Don Coscarelli, Luigi Cozzi, Antonio Margheretti, Lu. cm Fulci. Ce dernier a, entre autres niaiseries, réalisé (?) «Zombie 3», qui pourrait servir aux futurs exégètes comme base essentielle à une anthologie du plagiat. Tout y est, les bandes de jeunes, le satanisme, les zombies, les effets gore à 2,50 francs, les allusions à l’espace et surtout, surtout, l’humour involontaire. Et le pire, c’est que ça marche, puisqu’ils continuent, les bougres.

M comme malaise

11.12.14 / Divers / Author: / Comments: (0)

L’un des buts du cinéma fantastique pur et dur, c’est d’amener progressivement le spectateur à un état qui n’a qu’un lointain rapport avec la joie de vivre et la douceur d’exister. Cette approche n’a, bien sûr, aucun rapport avec l’effet-choc qu’on reçoit en plein foie suite à un zoom «coup de poing» sur une énucléation à la fourchette à huitres. Au contraire, par la grâce d’un climat subtilement installé, l’angoisse se fait insidieuse, amenée doucereusement pour nous envelopper tout cru dans un profond malaise. Rares sont les films qui y parviennent. Je vous recommande, de ce point de vue, «Anguish», réalisé en 1987 par le cinéaste espagnol Bigas Luna, qui prodigue jusqu’au final cette bien pénible sensation. Impossible de dévoiler l’histoire, mais sachez qu’à la troisième vision, on éprouve toujours le même malaise. Si vous ne l’avez point vue, précipitez-vous sur la cassette!

N comme «Néron»

NéronLe docteur Frieda Boher, lesbien et nécrophage, a créé de toutes pièces (rapportées!) un homme-robot à la tête de mort, pourvu d’un sexe énorme, qui se nourrit exclusivement de chair humaine et animale. Tous deux vont vivre des aventures palpitantes, immorales et complètement dégueulasses. Non, il ne s’agit pas d’un film, mais d’une BD italienne signée Magnus, de son vrai nom Roberto Raviola. Parue dans les années 60, elle provoqua, en Italie, polémiques et passions. Les éditions Albin Michel ont la bonne idée d’éditer en album cette série unique dans les annales de la bande dessinée. Aucune autocensure ne paralyse l’auteur qui s’en donne à cœur joie dans l’immonde et le malsain, le grinçant et l’incroyable. Le dessin, tout en rondeur et finesse, sert d’ironique contrepoint à des histoires à faire gerber. les fans de gore eux-mêmes. Pour vous mettre en appétit, je vous recommande «Le roi des cannibales», réellement à se tordre. De rire ou de douleur? A vous de voir!