Bagdad café

08.03.15 / Divers / Author:

Bagdad caféQuelle femme bizarre ! Instinctivement, c’est la réaction de Brenda, la patronne du Bagdad Café, petit motel perdu sous le soleil du Nevada, lorsque survient, incongrue, une grosse Bavaroise tirée à quatre épingles, tirant sa valise à roulettes depuis la highway. Son mari goujat l’a abandonnée là, en plein désert. Brenda, petite Noire survoltée et mal embouchée, n’a rien de commun avec la placide et stricte Jasmin. Bien sûr (sinon, où serait le film ?), l’Allemande va conquérir peu à peu le petit monde du Bagdad Café. Apprivoisant les enfants de Brenda, intriguant leur mère, séduisant le peintre voisin (Jack Palance), décorateur de cinéma en rupture d’Hollywood. Bientôt, pour payer sa pension, Jasmin demande à Brenda de l’employer à la cafétéria, et ses tours de magie attirent les routiers. D’où vient le charme mystérieux de ce petit film 7 D’abord, on est séduit par l’originalité de l’image, des cadrages, des couleurs. Puis on se laisse fasciner par la métamorphose de Jasmin. par l’ambiance euphorique et familiale du Bagdad Café. L’énorme succès du film de Percy Adlon, malgré une sortie initiale relativement modeste a marqué l’année 88. Vieillissant, bourru, un tantinet aigri, l’éminent professeur Faust a investi son existence dans la science et l’étude de ses semblables, au détriment d’une jeunesse qu’il n’a jamais vécue. Au diable l’amertume ! Méphistophélès s’active perfidement à rattraper le temps perdu et confère une nouvelle vie à ses victimes en échange de leur âme. Rafraîchi et défripé. Faust revêt le corps d’un charmeur juvénile tandis que son bienfaiteur maléfique s’approprie l’aspect du doyen décrépi. Ivre de bonheur, grisé par sa « résurrection », Faust consent à léguer son âme à l’infâme et s’infiltre dans la noblesse en qualité d’alchimiste… Acteur fétiche de René Clair, Gérard Philipe arbore une insouciance fougueuse face à un Méphisto cynique et pervers, magistralement incarné par Michel Simon. Le scénario « grince » d’humour, le drame se décline en dérision, l’image (en noir et blanc) est intimiste et… envoûtante. Une passionnante confrontation entre deux mythes, ponctuée de réparties subtiles et d’œillades inquiétantes. Irrésistiblement démoniaque !

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