Alouette, je te plumerai

05.05.14 / Divers / Author: / Comments: (0)

Alouette, je te plumerai  On savait, par ses nombreuses apparitions dans ses propres films comme dans les films des autres (« Les jeux de l’amour », « Madame Claude », ou la série 1V» Sueurs froides » dont il assure la présentation), que Claude Chabrol aimait faire le cabot. Mais le cabot Chabrol était-il capable de composer un personnage qui tiendrait la distance d’un long métrage ? « Alouette, je te plumerai » prouve que oui. Car, dans ce personnage de retraité roublard, facétieux, un peu lubrique et beaucoup parasite, Chabrol est un régal de jeu mesuré rappelant les Jules Berry, Saturnin Fabre et autre Raimu. Là composition de Chabrol donne au film un ton d’humour qu’on aurait envie de définir comme anglo-saxon. Le retraité Chabrol fait croire qu’il est riche et persuade une jeune et douce aide-soignante de le recueillir chez lui, contre don de son héritage. Mais le soit disant mourant a la santé prospère. Et le mari de l’aide-soignante commence à échafauder des plans meurtriers pour se débarrasser de ce coucou trop envahissant. Le mari meurtrier, c’est Fabrice Luchini, qui ne fait pas, non plus, dans la nuance. Tous deux entourent une Valérie Allain toute en charme et pétulance, qui tient ici son meilleur rôle (elle n’a pas de mal après Michel Lang et avant Jean-Luc Godard). Ils s’offrent d’assez jubilatoires affrontements. Pierre Zucca a su trouver le ton, l’atmosphère et les dialogues justes pour rendre séduisante et originale cette comédie macabre visiblement réalisée avec une grande économie de moyens financiers.

Too much !

26.04.14 / Ce que je préfère / Author: / Comments: (0)

Too much !  Lynda a seize ans. Un large sourire, une tignasse blonde, des yeux a damner tous les saints, et surtout son franc-parler. Fille d’un coiffeur pour hommes, elle a grandi dans sa petite ville anglaise, au bord de la mer, et depuis la mort de sa mère elle tente de compenser son manque affectif. Comme sa sensualité s’éveille au grand galop, elle s’aperçoit vite qu’elle peut miser sur son sex-appeal pour obtenir ce qu’elle désire. Son exubérance naturelle pousse Lynda à bousculer les tabous, à défier les convenances provinciales, à provoquer son entourage. Son pauvre père n’y comprend plus rien, et quant à sa sœur cadette, quelle chipie ! Fraîche et pimpante, Emily Lloyd, qui avait l’âge de son rôle et aussi la pétulante vivacité de Lynda, son savoureux accent faubourien et ses réparties du tac au tac, conquis tout le monde au Festival de Cannes 87, où le film de David Leland fut la coqueluche de la Quinzaine des réalisateurs. Coup d’essai-coup de maître que cet essai naturaliste plein d’humour, qui brosse aussi le tableau d’une petite plage britannique juste avant la bourrasque des sixties. On sent les Beatles et les Rolling Stones qui germent de ce vieux monde. Lynda est leur petite soeur. Précoce, la môme.

Poker

Voici un film étrange et pesant. Certainement ce que l’on appelle, parfois trop abusivement, un film d’ambiance. Pourtant, une carte manque pour que la réalisatrice Catherine Corsini sorte gagnante de la partie. Le jeu (I) des acteurs principaux (Pierre Arditi, Caroline Cellier) ne manque certes pas d’atouts. Le premier incarne à merveille son rôle de joueur passionné et enivré par les cartes (il avait d’ailleurs avoué, lors de la sortie du film, avoir longuement goûté à ce genre de drogues), la seconde, débordante de séduction, trouve une nouvelle fois un vrai rôle pour affirmer ses multiples capacités de comédienne. Il aurait malgré tout fallu que le thème central (les jeu et ses limites) soit exploité de façon plus approfondie. Caroline Cellier doit en vingt-quatre heures rembourser des dettes de jeu. Pierre Arditi, rencontré « miraculeusement », va l’aider à se sortir de cette mauvaise passe. Dans cette descente aux enfers où le gagnant a le pouvoir, chacun tente de s’acquitter de son personnage. Le tandem Arditi-Cellier a plus d’une carte en main. La réalisatrice aurait peut-être du passer son tour…

Dangereuse sous tous rapports

09.04.14 / Ce que je préfère / Author: / Comments: (0)

Dangereuse sous tous rapports Du cinéma qui décoiffe et vitriole dur… tout en sachant rester palpitant et drôle. Celle qui est dangereuse, c’est Melanie Griffith, coiffée d’une perruque à la Louise Brooks particulièrement sexy et provocante. Dans le film de Jonathan Demme, elle joue les bâtons de dynamite à mèche rapide ! Elle prend en charge un jeune cadre un peu stressé et beaucoup, coincé dans toutes ses contraintes sociales. Et elle l’entraîne dans une folle cavale à côté de laquelle celle de « Bonnie and Clyde » fait impression de sortie de première communion. Car « Dangereuse sous tous rapports » accumule les coups de théâtre savoureux, les situations cocasses, les surprises et les rebondissements. Le réalisateur Jonathan Demme, en filmant à deux cents à l’heure, a su donner un rythme moderne au film. Le cocktail Jeff Daniels, le mou, et Melanie Griffith, l’explosive, est tonifiant à souhait… surtout lorsque vient s’y adjoindre le piment de danger en la personne de Ray Liotta, un nouveau venu au regard bleu à faire craquer toutes les dames. La réussite de ce film, c’est sous couvert d’un divertissement mode de s’offrir une mise en boîte particulièrement vivifiante de notre petite folie moderne.

Danger, femmes libérées

26.03.14 / Loisirs / Author: / Comments: (0)

Tous les chemins mènent à Saint-Tropez, sauf si on se trompe au carrefour de La Foux. Et comme de La Foux à la… foufoune il n’y a qu’un camping (suivez la route de Cogolin, capitale de la pipe et tournez à droite), rien d’étonnant à ce que les très jolies héroïnes de notre film se fassent disturber par des campeurs machos qui leur sautent (!) dessus comme un essaim de frelons sur une tarte tropézienne. Le ton (mais non, pas le taon) est donné : il s’agit ici d’une comédie, dans la longue tradition des bluettes érotico-soft dont le principal chantre fut Max Pecas. Après ces premières agapes entres pinèdes, nos belles coquines, définitivement libérées, trouveront le confort et le 7. ciel dans une luxueuse villa de la presqu’île où s’ensuivront plusieurs chassés-croisés amoureux dont un, piquant en diable, avec un pittoresque marchand de poisson. « Danger, femmes libérées », qui aurait tout aussi bien pu s’intituler « On s’émancipe à Saint-Tropez », a une particularité il en existe une version hard intitulée « Punitions anales », qui sort simultanément.., pour ceux qui veulent du piment dans leur cocktail farniente-soleil.

Boire et déboires

20.03.14 / Loisirs / Author: / Comments: (0)

Boire et déboires Miss Catastrophe est de retour dans votre salon. Blake Edwards aurait tort de ne pas nous resservir ce genre qui, plus d’une fois, a fait recette (« After hours », « Dangereuse sous tous rapports », etc.). Seulement, « Boire et déboires » s’épuise très vite en gags qui n’en sont plus (style tartes à la crème), et finit par lasser par son manque de rebondissements. Le scénario de cette comédie est simple. Un ancien artiste (Bruce Willis), reconverti dans les affaires, fait la connaissance d’une superbe blonde (Kim Basinger) qui va l’entraîner dans une suite de péripéties rocambolesques. Si le début du film laisse présager une excellente comédie, on a tôt fait de retomber sur terre, désabusés sans doute, déçus certainement. Le couple Willis-Basinger n’est pas très convaincant, mais nous fait tout de même passer un bon moment de divertissement. Edwards aurait-il perdu la touche de génie qu’il avait mise dans «La Panthère rose » ou « That’s life » ?

Soigne ta droite

20.03.14 / Divers / Author: / Comments: (0)

Soigne ta droiteDe quoi parle ce film ? Incapable de le dire, même après avoir visionné ladite œuvre ! Il y a Godard qui joue l’idiot et le prince. Il y a Jacques Villeret qui est un « individu » et se demande docilement ce qu’il fait là. Il y a Birkin jouant les cigales… et les Rita Mitsouko qui enregistrent un disque « Les histoires d’A, les histoires d’amour finissent mal, en général. »Voilà un méli-mélo de fables et de récits qui semble n’avoir pas grand chose à offrir, qui s’amuse surtout à jouer avec les mots et les situations. « Le sourire regrette et le regret sourit. » Connaissez-vous la fable du prince-idiot-oiseau qui a sa place au ciel ? Godard non plus, mais cela ne l’empêche pas de plaquer sur un maigre récit un conteur, la construction d’un film, un individu, la mort, la « Bête », les animaux humains, etc. Rarement Godard s’est laissé aller à un n’importe quoi aussi sentencieux, drolatique, déroutant et parfois brillant, le film ne devrait vraiment convaincre que les inconditionnels.

La folle histoire de l’espace

20.03.14 / Ce que je préfère / Author: / Comments: (0)

La folle histoire de l'espace  La princesse Vespa, fille du roi de la planète Druidia, s’enfuit au La folle histoire de l’espace réservé aux milieu de la cérémonie qui devait l’unir à un prince triste et endormi. Son vaisseau spatial est pris en chasse par Dark Helmet, l’âme damnée du président Skroob. Ce dernier règne sur la planète Spaceballs, menacée d’asphyxie. Skroob compte s’emparer de l’air pur de Druidia et prend Vespa en otage. Mais un aventurier, Lone Starr, accompagné de son fidèle Mawg, mi-homme, mi-chien, la sauve des griffes des méchants. Le titre original veut à peu près dire « les valseuses de l’espace » et situe bien les ambitions de Mel Brooks : faire rire à tout prix. Brooks est un clown et revendique son droit au mauvais goût, ce qui est d’ailleurs fort sympathique. Il se refuse à paraître autre chose qu’un amuseur, dans la longue lignée des burlesques américains. Sa parodie de «La guerre des étoiles » est parfois drôle, du fait justement de cet enthousiasme d’un vieux gamin de plus de soixante ans. Mais elle est souvent indigeste pour cause de débilité.

Big trouble

20.03.14 / Divers / Author: / Comments: (0)

John Cassavetes ne nous avait pas habitués à la comédie burlesque. Mais quand on dispose d’un tandem aussi désopilant que celui de « Ne tirez pas sur le dentiste », Peter Falk et Alan Arkin, pourquoi se priver ? Ces vieux complices forment ici un redoutable duo d’escrocs aux assurances. Leonard Hoffmann (Alan Arkin), honorable assureur, désirant envoyer ses trois fils à l’université de Yale, a de gros besoins financiers. Pour réunir l’argent, il se laisse entraîner dans une combine tordue par Steve Rickey (Peter Falk) et sa finaude épouse Blanche (la délicieuse Beverly D’Angelo). Bien sûr, leur système infaillible pour détourner une assurance-vie va rencontrer bien des obstacles. Ces associés mal assortis réussiront-ils à mettre sur pied leur arnaque ou bien en seront-ils les premières victimes ? Sous la houlette de Cassavetes, nos joyeux aigrefins font des étincelles !

Cordes et discordes

Cordes et discordesSean est le roi des polars best-sellers. Mais c’est sa vie privée qui est une vraie série noire. Les femmes se succèdent et toutes, au moment de la rupture, prennent le malheureux à la gorge. Une pension alimentaire par-ci, un procès en paternité par-là. Sean veut être aimé pour lui, pas pour son argent. Daisy est peintre. Du talent, mais pas d’argent, et une vie sentimentale en déroute. Pour l’instant, une liaison avec un riche avocat. Mais c’est dur de faire semblant d’aimer. Et voilà que pendant une soirée huppée où ils étaient invités, Sean et Daisy se retrouvent ligotés, nus, l’un contre l’autre. Tout ça à cause d’un vol à main armée inattendu. S’étant connus dans le plus simple appareil, l’écrivain et le peintre décident de continuer leurs relations. Mais cette fois, Sean se méfie. Il fait croire qu’il est un artiste raté. Sous des dehors de critiques sociales (l’égoïsme des gens, les rapports d’argent dans un couple), la comédie est gentille et finit par forcer la sympathie. D’autant plus que, pour une fois, elle est animée par un couple qui ne joue pas sur le glamour. Les situations sont souvent prévisibles, mais on y prend quand même un certain plaisir. C’est un peu comme retrouver un lieu de son enfance : ça a parfois vieilli, mais ça a toujours du charme.

Le dragueur

20.03.14 / Loisirs / Author: / Comments: (0)

James TobackQuand on est adolescent, qu’on se parle à soi-même dans la glace pour se donner confiance, qu’on passe son temps à draguer sans beaucoup de succès, on peut tomber amoureux de celle qui a tout de suite accepté de coucher avec vous. Mais quand elle refuse de vous revoir, vous n’y comprenez plus rien. A moins de découvrir qu’elle a bien des malheurs, comme un père ivrogne et joueur et une dette de quelques millions à rembourser le jour suivant. Seule solution : essayer de l’aider. Peut-être alors vous reviendra-t-elle. James Toback s’est fait remarquer avec « Mélodie pour un tueur », film noir très personnel, révélant un véritable auteur. Depuis, Toback a réalisé quelques films, dont le curieux « Surexposé », avec Nastassja Kinski. Apparemment, il a choisi la comédie pour pouvoir continuer à tourner. Mais on reconnaît bien son univers aux personnages interprétés par Harvey Keitel et Dennis Hopper (un mafioso entremetteur, un père raté et ivrogne), à la « clarté » des situations (draguée, Molly Ringwald accepte aussitôt de faire l’amour dans une voiture), à une fin modérément optimiste. Inégal, le film est passionnant pour les amateurs de James Toback, qui reste un auteur à suivre.