Alouette, je te plumerai

05.05.14 / Divers / Author:

Alouette, je te plumerai  On savait, par ses nombreuses apparitions dans ses propres films comme dans les films des autres (« Les jeux de l’amour », « Madame Claude », ou la série 1V» Sueurs froides » dont il assure la présentation), que Claude Chabrol aimait faire le cabot. Mais le cabot Chabrol était-il capable de composer un personnage qui tiendrait la distance d’un long métrage ? « Alouette, je te plumerai » prouve que oui. Car, dans ce personnage de retraité roublard, facétieux, un peu lubrique et beaucoup parasite, Chabrol est un régal de jeu mesuré rappelant les Jules Berry, Saturnin Fabre et autre Raimu. Là composition de Chabrol donne au film un ton d’humour qu’on aurait envie de définir comme anglo-saxon. Le retraité Chabrol fait croire qu’il est riche et persuade une jeune et douce aide-soignante de le recueillir chez lui, contre don de son héritage. Mais le soit disant mourant a la santé prospère. Et le mari de l’aide-soignante commence à échafauder des plans meurtriers pour se débarrasser de ce coucou trop envahissant. Le mari meurtrier, c’est Fabrice Luchini, qui ne fait pas, non plus, dans la nuance. Tous deux entourent une Valérie Allain toute en charme et pétulance, qui tient ici son meilleur rôle (elle n’a pas de mal après Michel Lang et avant Jean-Luc Godard). Ils s’offrent d’assez jubilatoires affrontements. Pierre Zucca a su trouver le ton, l’atmosphère et les dialogues justes pour rendre séduisante et originale cette comédie macabre visiblement réalisée avec une grande économie de moyens financiers.

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